J’ai consacré les 8 dernières années à travailler essentiellement avec les femmes, à les rencontrer là ou elles sont dans leur intimité, leurs aspirations, leurs sexualités, comme dans leurs vies.

J’ai souvent entendu la plainte de ne pas, ou, de trop peu ressentir de plaisir dans son corps, et surtout dans son sexe.

Dans la quête « du plaisir à tout prix », nous passons parfois à côté d’une autre lecture, riche de sens.
Et si le plaisir avait autant de valeur que la douleur ? Et si ressentir beaucoup de plaisir était aussi instructif que de ne pas (en) ressentir du tout ?

En réalité, tout a sa place.
Et lorsque nous nous enterrons sous la croyance que nous devons être autre chose que ce que nous sommes, ou, que nous devons ressentir autre chose que ce que nous ressentons, nous oublions l’essentiel :
Tout ce que nous ressentons a quelque chose à nous dire.

« Ce que tu ne comprends dans ton corps, tu ne le comprendras nulle part ailleurs »
les Upanishads

Aussi, je nous invite à nous interroger…

Dans l’intimité, que cherchons-nous à ne pas ressentir quand nous nous échappons dans notre imaginaire?

A quels endroits de notre vie et de nos relations est-ce que nous ne nous donnons pas totalement quand nous ne bandons plus?

A quoi fermons-nous notre coeur quand notre yoni se gèle ?

Qu’est-ce qui ne circule pas dans notre vie ou dans notre relation lorsque la lubrification se tarit ?

Tout a sa place quand on sait écouter
Les ressentis (ou leurs absences) dit « négatifs », portent en eux une grande richesse, ils nous montrent ce qui a besoin de « mourir » pour que nous puissions nous aligner avec ce qui veut naitre, avec d’autres potentiels.

Lorsque nous cherchons à éviter nos ressentis, nous perdons la connexion à nos profondeurs intimes, à nos mystères et à notre intelligence érotique, qui a tant à nous transmettre.

Et si accéder au plaisir, reposait à la fois sur notre capacité à TOUT ressentir et à nous laisser ouvrir à une nouvelle définition du plaisir ?

D’expérience j’ai observé combien plus je m’assois dans le feu de mes ressentis, plus ils se transforment, comme par magie.

 

Maeva Poornima 

 

Crédit photo : Joanne-Leah-virtute